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HISTOIRE DE CARENTOIR - LES TEMPS FORTS

Templiers et hospitaliers.

  • Contexte historique

À l'époque des croisades, plusieurs ordres de chevalerie sont créés, afin d'organiser l'implantation chrétienne sur les lieux saints en Palestine, d'appuyer les croisés contre les musulmans, de protéger les chemins empruntés par les pélerins venus d'Occident…

Les plus connus sont l'ordre des Hospitaliers de Saint-de-Jérusalem, fondé en 1099, et, surtout, l'ordre de la milice du Temple, fondé en 1118 par Hugues de Payens et une poignée de seigneurs français.

Statue du Gisant

Aux trois vœux ordinaires des ordres religieux, obéissance, pauvreté et chasteté, la règle des templiers ajoute celui de pourvoir à la sécurité des routes de pèlerinage en Terre Sainte. Leur fortune et leur puissance politique s'accroît jusqu'au XIIIe siècle, mais l'austérité de la Règle et des mœurs n'est plus celle de la création. On les appelle alors les « banquiers de l'Occident ».

La Terre Sainte perdue en 1291, l'ordre perd, en grande partie, sa raison d'être. Le roi de France, Philippe le Bel, gêné de la puissance diplomatique des Templiers et ayant de pressants besoins d'argent, résout alors d'abattre l'ordre et tente de s'emparer de ses richesses. Accusés de toutes sortes de forfaits, les templiers sont arrêtés partout en France, le 13 octobre 1307. Leur procès durera sept ans. Dès 1312, le concile de Vienne prononce la dissolution de l'ordre. Le dernier grand maître de l'ordre, Jacques de Molay, périra sur le bûcher en 1314.

L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem succède aux templiers, par décision du concile de Vienne. Les Hospitaliers ont pour mission de secourir et recueillir les pèlerins, les pauvres et les malades dans leurs établissements. La chute et l'héritage foncier des templiers favorisent leur expansion. Jusqu'en 1798, ils seront de tous les combats contre les « infidèles » autour et sur la Méditerranée. Ils seront aussi appelés chevaliers de Rhodes, puis de Malte à partir de leur installation sur cette île en 1530.

  • Le Temple de Carentoir

Les templiers s'installent en Bretagne au XIIe siècle. Ils fondent alors un établissement qui conservera le nom de Temple. Cette commanderie ou, plus exactement, préceptorerie est la plus ancienne du Morbihan. Elle est attestée en 1182, dans une charte confirmative du duc de Bretagne sous le nom de « karantoe ».

Sceau des TempliersL'épisode templier a marqué les esprits. Les légendes, basées sur les accusations d'hérésie et de pratique de l'ésotérisme, sont nombreuses. Si les sources historiques parvenues jusqu'à nous sont presque muettes à ce sujet, la mémoire locale nous livre nombre de récits autour de la légende des templiers. Les « moines rouges » de Carentoir auraient ainsi été massacrés au pied d'un chêne de sauvegarde près de la chapelle de Fondelienne.

Aux XIIe et XIIIe siècles, le Temple de Carentoir paraît avoir une certaine importance. En effet, héritant des templiers au XIVe siècle, les chevaliers de l'Hôpital de Saint-Jean-de-Jérusalem font de cet établissement le siège d'une commanderie. Les hospitaliers possèdent à l'origine une trentaine de commanderies en Bretagne. Elles sont bientôt réunies en quatre grandes commanderies : La Feuillée (commune du Helgouat), La Guerche, Nantes et Carentoir. La commanderie de Carentoir dépend du Grand Prieuré d'Aquitaine. Au XVIe siècle, elle possède des dépendances dans 66 paroisses réparties sur six diocèses : Lantiern, Le Guerno, Limerzel, Lizio, La Vraie Croix, Messac, Questembert, Malansac, Molac, Fescal, Villenart, Quessoy, Port Stablon, La Croix Huis…

L'administration temporelle et spirituelle était confiée à un commandeur. Il exerçait le droit de haute, moyenne et basse justice. En 1596, pendant les guerres de la Ligue, les partisans du duc de Mercœur ravagent le bourg du Temple. Le manoir des commandeurs est détruit. Il ne sera pas restauré. Leur résidence est transférée à la Coëffrie en Messac, mais la juridiction demeure à Carentoir jusqu'à la Révolution.

Retable de l'église Saint-Jean-Baptiste du Temple
et/ou Croix des Hospitaliers sur le linteau d'une porte

Retable de l'église St-Jean-Baptiste du TempleLes templiers ont édifié l'église Saint-Jean-Baptiste du Temple au XIIe siècle. Bien qu'elle ait été profondément remaniée entre le XVIIIe et le XXe siècle, cette grande nef, à l'origine divisée en deux par une arcade romane, illustre la volontaire simplicité de l'architecture de l'ordre des « pauvres chevaliers du Christ ». Aujourd'hui surmonté d'un clocher polygonal, l'édifice abrite une collection d'objets d'art (tableaux et sculptures), associant la thématique artistique de l'église d'un ordre militaire et religieux à celle d'une église paroissiale à travers les siècles. Nombre de maisons et de lieux sur le territoire de la commune présentent encore des signes de l'époque des ordres religieux militaires, monogrammes, croix pattée ou gravée…

Du Moyen-Âge à la Révolution, le temps des seigneuries

Manoir de RollienneDu Moyen-Âge à la Révolution, on dénombre à Carentoir une quarantaine de grandes seigneuries et métairies nobles, à peu près autant de moindre importance. Manoirs et châteaux, du XVIe au XVIIIe siècle pour la plupart, sont encore disséminés sur toute la commune. Certains, entretenus et restaurés jusqu'au XXe siècle, montrent la rémanence du mode de vie seigneurial dans les campagnes bretonnes jusqu'à une période relativement récente. Certaines seigneuries étaient situées sur les trêves de la Gacilly, Quelneuc et la Chapelle-Gaceline. Celles-ci deviennent des communes respectivement en 1790, 1863 et 1874. Depuis le XIVe siècle, on peut lire la « ville de Carentoir » dans les actes officiels.

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